Tiime : tout ce qui est gratuit est suspect

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Tiime : tout ce qui est gratuit est suspect
21/09/2026

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Publié le 21 septembre 2026 - md22

Plateforme agréée incluse. 100 % gratuit. Conformité garantie.
C'est ce qu'annonce Tiime sur sa page d'accueil, et la promesse est tenue : vous recevez bien vos factures électroniques, sans payer.
Nous avons regardé ce qui arrive réellement dans le compte d'un client en offre gratuite. Quatre factures, quatre fournisseurs différents, reçues en septembre 2026. Ce n'est pas la facture que le fournisseur a émise.

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Depuis le 1er septembre, votre facture ne vient plus de votre fournisseur

Avant, c'était simple. Votre fournisseur éditait sa facture, vous l'envoyait par courrier ou par mail, et vous la rangiez. Le fichier était à vous dès la seconde où il arrivait dans votre boîte.

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA doivent recevoir leurs factures par une plateforme agréée. Ce n'est pas une option, c'est une obligation. L'émission suivra pour les TPE et PME au 1er septembre 2027.

Le circuit a changé. Votre fournisseur dépose sa facture sur sa propre plateforme. Celle-ci contrôle le format, l'achemine vers la vôtre, et transmet en parallèle les données de TVA à l'administration. Votre plateforme la reçoit, puis la met à disposition dans votre espace. Les deux plateformes se trouvent grâce à un annuaire tenu par l'État.

Il y a donc, quelque part entre votre fournisseur et vous, une société privée qui détient le fichier avant vous. Et c'est elle qui décide de ce qu'elle vous en montre.

Schéma du circuit d'une facture électronique depuis le 1er septembre 2026 : le fournisseur dépose sa facture sur sa plateforme agréée, qui la transmet à la plateforme agréée du destinataire, laquelle la met à disposition, pendant que les données de TVA remontent vers l'administration fiscale et que l'annuaire de l'État permet aux deux plateformes de se trouver
Entre votre fournisseur et vous, deux plateformes privées se sont interposées.

Vous n'avez plus de lien direct avec votre fournisseur sur ce flux. La seule copie de ce qu'il a émis est chez votre plateforme.

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Une facture électronique est un fichier de données, pas un PDF

C'est le point que tout le monde confond, et il commande tout le reste.

Une facture électronique n'est pas une facture papier scannée, ni un PDF joint à un mail. C'est un fichier de données structurées, lisibles par un logiciel sans intervention humaine. Trois formats sont admis : le CII, l'UBL, et le format mixte Factur-X, qui loge un XML à l'intérieur d'un PDF.

Dans une Factur-X, le PDF est ce que vous lisez. Le XML est ce que la machine lit. Les deux voyagent ensemble dans un seul fichier, et c'est le XML qui porte la facture au sens légal.

Ce XML suit une norme européenne, l'EN 16931. Elle définit un socle de champs identifiés par des codes : identité des parties, dates, numéro, lignes de facture, quantités, prix unitaires, taux et montants de TVA, références de commande et de livraison - et, ligne par ligne, la référence article du fournisseur.

Tiime l'écrit d'ailleurs sur son propre site : un simple PDF ne vaut plus facture électronique. C'est exact. Et c'est précisément ce qui rend la suite intéressante.

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Ce qu'une plateforme gratuite vous restitue vraiment

Quatre factures reçues en septembre 2026 sur un même compte en offre gratuite. Quatre fournisseurs sans rapport entre eux : un grossiste alimentaire, un fournisseur d'énergie, un organisme de financement, une société de services. Quatre secteurs, quatre logiciels d'émission, quatre plateformes d'origine.

La restitution est strictement identique dans les quatre cas.

Un document lisible, propre, bien fait. Chaque donnée porte son code de la norme en face d'elle. L'en-tête est complet : identité du vendeur et de l'acheteur, numéros de TVA, dates, conditions de paiement, pénalités de retard. Les totaux sont justes. Le détail de TVA est là.

Puis viennent les lignes de facture. Elles tiennent en sept colonnes : numéro de ligne, désignation, description, quantité, unité, prix unitaire, taux de TVA, montant hors taxes.

Rien d'autre. Le gabarit ne prévoit aucune autre colonne, et il est le même pour les quatre fournisseurs.

Ce que le fournisseur émet, ce que vous récupérez

Comparaison entre le contenu de la facture électronique reçue par la plateforme et ce que l'offre gratuite restitue au destinataire - constat établi sur quatre factures de septembre 2026.
Élément de la facture Émis par le fournisseur Restitué en offre gratuite
Identité des parties, TVA, adresses Oui Oui
Numéro, dates, conditions de paiement Oui Oui
Lignes : désignation, quantité, prix, TVA Oui Oui
Références de commande et de livraison Oui Oui
Référence article du fournisseur, ligne par ligne Oui Non
Pièce jointe PDF de la facture Oui, signalée dans les données Non
Fichier structuré réutilisable Oui, c'est la facture elle-même Non
Comparaison entre les données émises par le fournisseur et celles restituées en offre gratuite : identité des parties, dates, lignes de facture et références de commande sont conservées, tandis que la référence article du fournisseur, la pièce jointe PDF et le fichier structuré réutilisable ne le sont pas
Quatre données sur sept franchissent la plateforme. Les trois autres restent chez elle.

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Ce que la plateforme garde et que vous ne récupérez pas

Les références articles de vos fournisseurs

La norme prévoit trois champs pour identifier un article sur une ligne de facture : la référence du vendeur, la référence de l'acheteur, et un identifiant standard. Aucun des trois n'a de colonne dans la restitution.

Sur la facture papier du même grossiste, la colonne existe et elle est remplie : un code à six chiffres en face de chaque produit. Dans le document restitué, ce code n'apparaît nulle part.

Sans référence article, vous ne pouvez plus rapprocher automatiquement une ligne de facture d'une ligne de commande, ni suivre l'évolution du prix d'un produit d'une livraison à l'autre. Il vous reste une désignation en texte libre, que le fournisseur change quand il veut.

Le PDF d'origine, signalé mais pas rendu

C'est le détail le plus parlant. Sur deux des quatre factures, la restitution mentionne explicitement une pièce jointe, avec sa référence et la mention " pièce jointe : oui ".

La plateforme sait donc que le document existe. Elle l'a reçu. Elle l'annonce au destinataire. Et elle ne le lui donne pas.

Le fichier structuré lui-même

C'est la conséquence la plus lourde. Ce que vous récupérez n'est pas un fichier de données. C'est une mise en page de données : lisible par un humain, inexploitable par un logiciel.

Autrement dit, vous recevez exactement ce que la réforme est venue supprimer. Un document à relire à l'écran et à ressaisir à la main.

Dernier indice, présent sur les quatre : le profil déclaré de la facture est celui de la norme européenne, mais le profil réellement détecté est le profil étendu, celui qui porte plus de données que le socle. Ces données supplémentaires existent donc dans le fichier reçu. Elles n'ont simplement aucune case où s'afficher.

La plateforme lit tout. Elle ne vous rend pas tout. Et ce n'est pas un défaut technique : c'est un gabarit d'affichage, identique pour tous les fournisseurs.

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Conserver la facture d'origine reste votre obligation

Une entreprise doit conserver ses factures pendant dix ans. Tiime le rappelle d'ailleurs dans sa propre foire aux questions.

Cette obligation pèse sur l'entreprise. Pas sur sa plateforme. C'est vous qui devez pouvoir produire, en cas de contrôle, la facture telle qu'elle a été émise - et dans une facture électronique, la pièce qui fait foi est le fichier structuré, pas sa mise en page.

La grille tarifaire est claire sur un point : l'archivage des justificatifs à valeur probante n'est pas compris dans l'offre gratuite. Il faut passer à une offre payante, de 17,99 € à 65,99 € hors taxes par mois selon l'effectif, facturée à l'année.

Reste une question que chacun tranchera : comment conserver dix ans un fichier auquel on n'a pas accès ?

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Ailleurs, les mêmes données circulent ouvertes

En Belgique et au Luxembourg, la facture électronique passe par Peppol. Un standard, un réseau, un format. L'entreprise envoie, l'autre reçoit, le logiciel comprend.

Le format y est l'UBL : un XML pur, sans PDF autour. Ce que le destinataire reçoit, c'est le fichier lui-même, avec tout ce qu'il contient. Les références articles y sont, les remises ligne à ligne aussi. Rien ne se perd entre l'émetteur et le destinataire, parce que rien ne s'interpose pour le reformater.

Nous travaillons ces flux belges en UBL et Peppol depuis plusieurs mois, et la différence n'est pas technique. Elle est de principe : la donnée arrive entière.

Le sujet n'est donc pas le format. Ni Factur-X, ni UBL, ni CII. Le sujet, c'est l'accès à la donnée.

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Les questions à poser avant de signer votre mandat

Vous l'avez peut-être vue à la télévision : Tiime fait campagne, et la promesse tient en un mot - gratuit.

Ce que vous signez derrière n'est pourtant pas un abonnement comme un autre. Vous signez un mandat, votre numéro SIREN est rattaché à cette plateforme dans l'annuaire de l'État, et tous vos flux passent par elle. En sortir suppose de recommencer la démarche.

Six questions à poser avant de signer, quelle que soit la plateforme :

  1. Puis-je télécharger le fichier d'origine de chaque facture reçue, dans le format où mon fournisseur l'a émis ?
  2. Puis-je exporter les données structurées ? Dans quel format, et en quelques clics ou sur demande ?
  3. Les références articles de mes fournisseurs sont-elles conservées et visibles, ligne par ligne ?
  4. Les pièces jointes des factures me sont-elles accessibles ?
  5. Si je change de plateforme dans deux ans, qu'est-ce que j'emporte ?
  6. Tout cela est-il dans l'offre que je signe, ou dans une offre supérieure ?

Ces six réponses valent plus que n'importe quelle grille tarifaire. Une plateforme qui répond oui aux six vous coûtera peut-être quelque chose. Une plateforme qui répond non vous coûtera votre historique d'achat.

Car ces données ne servent pas qu'à la conformité. Une fois récupérées entières, elles alimentent votre mercuriale, révèlent les hausses de prix passées inaperçues et se retrouvent dans vos fiches techniques. C'est exactement le travail que nous faisons sur la lecture ligne à ligne des factures fournisseurs - un métier qui vient après la plateforme agréée, et qui suppose qu'elle vous ait tout rendu.

Vos données de facturation vous appartiennent. Elles ne deviennent pas la propriété du prestataire qui les transporte.

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Glossaire

Plateforme agréée
Opérateur privé immatriculé par l'administration fiscale, seul habilité à transmettre et recevoir les factures électroniques. Anciennement appelée plateforme de dématérialisation partenaire. Toute entreprise assujettie à la TVA doit en désigner une.
Factur-X
Format mixte français : un PDF lisible par l'humain, contenant en pièce jointe interne un fichier XML lisible par la machine. Le PDF s'affiche, le XML fait foi.
UBL
Format de facture entièrement structuré, sans PDF. Employé notamment sur le réseau Peppol en Belgique et au Luxembourg. Le destinataire reçoit le fichier de données lui-même.
EN 16931
Norme européenne définissant le socle des données obligatoires d'une facture électronique. Chaque donnée y porte un code, ce qui permet à deux logiciels différents de se comprendre sans convention préalable.
Référence article fournisseur
Code interne par lequel un fournisseur identifie un produit dans son catalogue. C'est la clé qui permet de suivre le prix d'un même article d'une facture à l'autre, et de rapprocher une livraison de la commande qui l'a déclenchée.

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Questions fréquentes

Un restaurateur doit-il conserver lui-même le fichier d'origine de ses factures fournisseurs ?

Oui. L'obligation de conservation de dix ans pèse sur l'entreprise, pas sur sa plateforme. Un restaurateur doit donc pouvoir produire la facture telle qu'elle a été émise, fichier structuré compris. Avant de choisir une plateforme, il lui faut vérifier qu'il pourra récupérer ce fichier, et pas seulement le consulter à l'écran.

Un boucher ou un traiteur perd-il quelque chose si sa plateforme ne restitue pas les références articles ?

Beaucoup. Sans référence article, impossible de suivre automatiquement le prix d'un même produit d'une livraison à l'autre, ni de rapprocher une facture de la commande passée. Pour un boucher qui achète chaque semaine les mêmes pièces, ou pour un traiteur dont les marges se jouent sur quelques ingrédients, c'est le suivi des prix d'achat qui disparaît.

Une plateforme agréée gratuite est-elle vraiment conforme à la réforme ?

Être immatriculée par l'administration signifie qu'une plateforme est habilitée à transmettre et recevoir des factures électroniques. Cela ne dit rien de ce qu'elle met à votre disposition, ni sous quelle forme. La conformité de la plateforme et votre propre conformité sont deux choses distinctes.

Que puis-je emporter si je change de plateforme agréée ?

Cela dépend entièrement de ce que la plateforme quittée accepte de vous restituer. Posez la question avant de signer, pas au moment de partir : c'est à l'entrée que vous avez encore le choix. Demandez-vous aussi ce que devient l'historique des factures déjà reçues.

Comment savoir ce que ma plateforme me rend réellement ?

Prenez une facture déjà reçue et essayez de la télécharger. Ouvrez ensuite le fichier obtenu : contient-il les références articles de votre fournisseur ? Peut-il être relu par un autre logiciel que celui de la plateforme ? Le test prend cinq minutes et vaut toutes les promesses commerciales.